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La
marijuana (y compris le cannabis, le haschich
et l'huile de haschich) est la drogue illicite
que les jeunes de partout utilisent le plus
couramment. Au c?ur d'un débat houleux
depuis plusieurs décennies, la marijuana
n'a jamais provoqué si vive controverse
que ces derniers mois. Le débat actuel,
qui s'articule autour de la place appropriée
de la marijuana dans la société
canadienne, a mis au jour des valeurs divergentes
et profondément ancrées dans
l'opinion qui, dans certains cas, peuvent
obscurcir la réflexion rationnelle
et compromettre l'objectivité de
l'information.
Pourquoi
de nombreux jeunes consomment de la marijuana?
Les
jeunes d'aujourd'hui évoluent dans
un monde où l'utilisation de substances,
à des fins médicales ou non,
est tolérée sous plus de formes
que jamais dans l'histoire. L'industrie
pharmaceutique et l'industrie des médecines
douces profitent de leur présence
considérable sur le marché
pour favoriser un climat dans lequel «
la solution passe par l'ingestion ».
Les grandes capacités de marketing
des industries du tabac et de l'alcool,
conjuguées à l'accent mis
sur les jeunes consommateurs, favorisent
cet environnement. Enfin, une facilité
d'accès aux divers médias
sans précédent permet à
plus de jeunes que jamais de « consommer
» une culture populaire qui a tendance
à tolérer, voire à
promouvoir, la consommation de drogues.
L'usage
des drogues ne date pas d'hier. Au cours
de l'histoire, on a utilisé tout
un éventail de substances pour satisfaire
toutes sortes de besoins, que ce soit en
vue d'accroître le plaisir, d'alléger
le stress ou d'affronter de longues heures
de travail. Les jeunes consomment des drogues
pour des raisons qui ressemblent souvent
à celles des adultes. Par ailleurs,
le développement normal de l'adolescent
et la recherche d'identité qui s'y
rattache supposent des pressions particulières
qui aident à expliquer la popularité
de la marijuana à l'heure actuelle.
La recherche démontre que les adolescents
pourraient utiliser la marijuana comme façon?
- de conquérir leur indépendance;
- d'adopter des valeurs qui se distinguent
de celles des autorités parentale
et sociale;
- de tisser des liens solides avec leurs
pairs;
- de chercher à vivre de nouvelles
expériences stimulantes;
- de courir des risques et de satisfaire
leur curiosité.
- L'air du temps, qualifié par un
critique de « monde de fugacité
» qui est caractérisé
par l'incertitude et un manque d'orientation,
contribue à l'utilisation de la marijuana.
Les jeunes Canadiens sont parmi
les plus grands usagers de marijuana au
monde
Les jeunes Canadiens sont parmi les plus
grands usagers de marijuana au monde
Encore que les drogues « légales
», l'alcool et le tabac, soient plus
populaires, la marijuana est la drogue illicite
que les jeunes utilisent le plus couramment
partout au monde. La consommation de marijuana
représente environ 90 % de l'utilisation
de drogues illicites chez les élèves
des États-Unis et de l'Australie,
et près de 95 % de celle en Europe.
C'est néanmoins au Canada que la
marijuana est le plus populaire auprès
des élèves. Les jeunes Canadiens
(à l'instar des jeunes de l'Australie,
de la France, de l'Irlande, du Royaume-Uni
et des États-Unis) sont parmi ceux
qui consomment le plus de marijuana au monde.
| En
% |
Ontario
Canada |
Australie
|
É.-U. |
Europe -
forte utilisation(France) |
Europe
- faible utilisation (Roumanie) |
| Jusque
là (n'importe quand) |
42,7
|
42,8
|
40,9
|
35
|
1
|
| Récemment
(année écoulée) |
36,4
|
35,25
|
32,1
|
31
|
1
|
Un
faible pourcentage (3 %) des élèves
ontariens ont signalé avoir utilisé
de la marijuana tous les jours en 2001.
Cela représente plus de 27 000 élèves.
Dans le cadre de la même enquête,
plus de la moitié de tous les usagers,
c'est-à-dire autour de 20 % de l'ensemble
des élèves, ont signalé
qu'ils avaient déjà présenté
au moins un des trois indicateurs de la
dépendance.
Les
renseignements sur l'utilisation de la marijuana
chez les élèves des autres
provinces sont incomplets. Dans les provinces
de l'Atlantique, l'utilisation de la marijuana
au cours de l'année écoulée
variait de 22 % à 38 % en 1998. Par
ailleurs, au Manitoba, 39 % des élèves
ont signalé avoir consommé
de la marijuana l'année précédente.
En se fondant sur ces résultats,
il est clair que bon nombre de jeunes au
Canada et ailleurs au monde essaient la
marijuana au moins une fois à l'école
secondaire, et qu'ils sont nombreux à
en avoir consommé récemment.
Pourcentage
des élèves du secondaire ayant
consommé de la marijuana au cours
de l'année écoulée,
diverses provinces
Province
en %
Terre-Neuve 30 %
Nouvelle-Écosse 38 %
Île-du-Prince-Édouard 23 %
Nouveau-Brunswick 30 %
Ontario 30 %
Manitoba 38 %
Comment les jeunes commencent à
consommer
Dans
la plupart des cas, les jeunes sont initiés
à la marijuana par leurs amis. La
majorité d'entre eux consomment de
la marijuana pour la première fois
par curiosité et pour se montrer
sociables. Ceux qui continuent de consommer
indiquent habituellement qu'ils le font
pour relaxer, se sentir bien, apprécier
de la musique et des films et se montrer
sociables. D'autre part, ceux qui choisissent
de ne pas consommer disent que ça
ne les intéresse tout simplement
pas, ou encore qu'ils craignent les effets
néfastes sur la santé. Ils
n'ont pas tendance à signaler les
sanctions subordonnées à l'usage.
Environ 50 % des consommateurs seulement
indiquent qu'ils ont trouvé leur
première expérience agréable.
En effet, bon nombre ne ressentent rien,
tandis que d'autres subissent des effets
psychologiques désagréables.
Pourquoi
l'utilisation de la marijuana occasionne
des problèmes chez certaines personnes
Les
problèmes subordonnés à
l'utilisation de la marijuana découlent
habituellement d'une combinaison de facteurs
personnels, familiaux et scolaires qui peuvent
comprendre des problèmes de santé
mentale, une ambiance familiale et un milieu
de vie médiocres ou de mauvais résultats
scolaires. L'utilisation de la marijuana
au quotidien est une très bonne indication
de problèmes éventuels. Un
examen d'études montre qu'il y a
un lien entre une utilisation de la marijuana
qui pose des problèmes et?
l'absentéisme;
la dévalorisation;
les comportements délinquants (le
vol, le vandalisme, les fraudes dans les
transports en commun);
l'association avec des amis délinquants;
les rassemblements dans les rues (l'ennui);
d'autres problèmes de comportement
et de santé mentale (p. ex., les
élèves des programmes d'enseignement
à l'enfance en difficulté
ont tendance à consommer davantage).
Il importe de souligner que l'établissement
d'un lien entre chacun de ces problèmes
et l'usage de la marijuana ne signifie pas
que l'un occasionne nécessairement
l'autre. Nous signalons simplement qu'il
y a une association statistique.
Les
effets de la marijuana sur la santé
et le rendement
L'ingrédient actif de la marijuana
est le tétrahydrocannabinol (THC)
qui, lorsqu'il est consommé, produit
toute une gamme d'effets, y compris un sentiment
de bien-être; une impression de relaxation;
une sociabilité accrue; de la difficulté
à se concentrer; des modifications
de la perception du temps de même
que de la vision et de l'ouïe; enfin,
à fortes doses, des hallucinations
auditives et visuelles. Les autres effets
comprennent l'accélération
de la fréquence cardiaque, le rougissement
des yeux, la sédation, l'accroissement
de l'appétit et l'affaiblissement
du tonus musculaire. Un certain nombre de
facteurs importants, qui peuvent varier
considérablement d'une personne à
l'autre, détermineront l'importance
de ces effets et l'expérience que
vivra l'usager.
L'utilisation
d'une drogue s'accompagne toujours d'un
certain risque. La marijuana n'est pas plus
diabolique que bénigne. Comme on
doit le faire pour toutes les drogues, il
importe de distinguer les utilisations ponctuelles,
régulières et excessives,
étant donné que les effets
négatifs risquent plus de survenir
dans les cas de consommation excessive.
Il arrive souvent que la marijuana soit
utilisée avec d'autres substances,
dont particulièrement le tabac. Cette
combinaison nuit aux études sur l'effet
de cette drogue.
Toute
analyse des risques et des problèmes
subordonnés à la marijuana
doit tenir compte de circonstances précises
qui peuvent contribuer à augmenter
considérablement ces risques, comme
les suivantes :
Utilisation
en jeune âge
Au
Canada, l'âge moyen à la première
utilisation de la marijuana s'établit
à environ 14 ans. L'utilisation de
la marijuana (et d'autres drogues) par un
enfant plus jeune pourrait indiquer qu'il
est aux prises avec d'autres difficultés
(comme des problèmes de santé
mentale) et peut entraîner d'autres
problèmes. Il n'y pas de preuves
concluantes qui appuient la théorie,
avancée depuis bon nombre d'années,
selon laquelle l'utilisation de la marijuana
conduit à l'utilisation d'autres
drogues illicites - la soi-disant théorie
du point d'accès. S'il est vrai que
la plupart des usagers d'autres drogues
illicites (p. ex., la cocaïne, l'héroïne)
ont consommé de la marijuana, la
grande majorité des jeunes qui consomment
de la marijuana n'utilisent pas d'autres
substances illicites.
Utilisation
avec d'autres substances
Il
arrive souvent que la marijuana soit consommée
avec d'autres substances variant de l'alcool
à l'héroïne. Les résultats,
qu'il est parfois difficile de prévoir,
peuvent être dangereux. Selon les
substances en cause, les effets peuvent
être soit additifs (1+1), soit synergiques
(1x1), ou encore ils peuvent se neutraliser.
Utilisation
coïncidant avec d'autres activités
Conduite
: La marijuana a une incidence sur les aptitudes
à la conduite. Les risques, qui augmentent
considérablement avec la dose, viennent
particulièrement de certaines tâches
(les tâches simples, comme l'orientation
sur la route, en souffrent davantage que
les tâches complexes). Conjuguée
avec l'alcool, la marijuana, même
à faibles doses, entraîne une
grave altération de la conduite.
Activités
scolaires : Parce que l'utilisation de la
marijuana peut porter atteinte à
la mémoire, à la concentration
et à la résolution de problèmes,
lorsqu'elle coïncide avec les activités
scolaires ou les devoirs, elle réduit
le rendement.
Activités
sexuelles : L'utilisation de la marijuana
(et d'autres drogues) pourrait conduire
à des activités sexuelles
non souhaitées ou non protégées,
qui peuvent avoir des conséquences
indésirables.
Sports
: La marijuana n'est pas une substance qui
augmente le rendement. Au contraire, elle
peut nuire aux performances, voire causer
des blessures. Une étude effectuée
au Québec a montré qu'un nombre
ahurissant d'élèves de la
province pratiquent des activités
sportives sous l'effet de la marijuana.
Utilisation pendant la grossesse
Comme
la plupart des gens le savent, il est très
hasardeux de consommer de l'alcool pendant
la grossesse. Cela peut entraîner
des effets durables chez l'enfant. L'utilisation
ponctuelle de la marijuana pendant la grossesse
ne semble pas avoir d'effet sur le nouveau-né,
mais il a été démontré
que l'utilisation régulière
provoque un ralentissement de la croissance
intra-utérine. Une étude à
longue échéance réalisée
à Ottawa a montré que l'utilisation
de la marijuana chez la mère a des
effets ténus sur le fonctionnement
cognitif des enfants de 9 à 12 ans.
Prévention
des problèmes de consommation de
marijuana - à domicile et à
l'école
Moyens
que les parents peuvent prendre
Il
est peu probable qu'une personne n'ayant
pas consommé de marijuana ou d'autres
drogues pendant son adolescence le fasse
par la suite. Ceux qui consomment des drogues
pendant l'adolescence ont tendance à
connaître des épisodes de consommation
excessive, c'est-à-dire l'utilisation
en vue de l'intoxication. Ces habitudes
de consommation tendent à se raréfier
dans le contexte des exigences de la vie
adulte, dont surtout l'emploi et la famille.
À la lumière de cette information,
les parents voudront peut-être adopter
une attitude à l'égard de
l'utilisation de la marijuana et des autres
drogues qui vise avant tout à aider
leur enfant à traverser l'adolescence
en sûreté.
Conseils
éclairs :
Efforcez-vous de trouver « l'entre-deux
» dans l'éducation de votre
adolescent : ne versez pas dans un excès
de sévérité ou de laxisme.
Prenez conscience de vos propres rapports
avec les substances intoxicantes et mettez
de l'empressement à faire des choix
sains.
Soyez à l'affût d'occasions
spontanées de discussion des questions
de consommation de drogues; profitez des
situations où votre enfant a consommé
des drogues ou aurait pu le faire pour discuter
de l'utilisation et de la non-utilisation.
Dans le cadre de la discussion, n'oubliez
pas?
d'écouter votre enfant : la discussion
doit porter sur ses perceptions de la réalité;
de l'aider à établir son propre
« équilibre décisionnel
» en pesant les avantages perçus
et les risques; servez-vous du présent
article comme référence;
que les jeunes sont influencés par
ce qu'ils considèrent comme «
normal ». Soulignez que la majorité
des élèves de la plupart des
classes et des écoles ne consomment
pas de marijuana, même s'il semble
que « tout le monde » le fait.
Envisagez l'adoption d'une démarche
de réduction des préjudices
auprès de votre adolescent. Autrement
dit, indiquez-lui que vous préféreriez
qu'il n'utilise pas du tout de marijuana
ou d'autres drogues, tout en cernant les
situations de consommation qui sont particulièrement
dangereuses et qu'il faut à tout
prix éviter (p. ex., l'utilisation
dans des situations de conduite ou d'activités
sexuelles, l'utilisation jusqu'à
l'intoxication, l'utilisation avec d'autres
drogues ou avec des médicaments,
ou encore l'utilisation coïncidant
avec des activités physiques ou cognitives).
Soyez à l'affût des problèmes
:
l'usage précoce (avant 14 ans), qui
pourrait indiquer qu'il faut traiter d'autres
enjeux et problèmes;
le fléchissement des résultats
scolaires et un intérêt moindre
pour l'école; il faut y voir un avertissement
du danger que se produisent un certain nombre
de problèmes, comme l'utilisation
des drogues, qui devront être suivis
en collaboration avec l'école;
des changements dans l'utilisation des drogues;
par exemple, si l'utilisation en vue de
l'intoxication augmente ou se produit régulièrement,
prenez conseil auprès d'un professionnel
Moyens
que les écoles peuvent prendre
Le milieu scolaire dans son ensemble fait
passer des messages au sujet de la valeur
des élèves et de l'intérêt
que porte l'école à la promotion
de leur santé et de leur sécurité.
Il faut que les écoles cherchent
à constituer des lieux intéressants
et positifs pour tous les élèves.
À cette fin, des politiques scolaires
connues de tous doivent témoigner
de ces valeurs.
Portez attention à la prévention
de la toxicomanie au moyen de programmes
factuels; bon nombre des programmes mis
en application à l'heure actuelle
ne sont pas appuyés par la recherche.
Il existe pourtant plusieurs méthodes
plus prometteuses, comme celles qui sont
fondées sur les connaissances élémentaires
ou encore sur des approches normatives.
Il faut que du personnel qualifié
et compétent, qui connaît bien
les démarches interactives de communication
d'égal à égal, se charge
de la prestation des programmes.
Sachez reconnaître les élèves
qui ont des difficultés liées
à leurs études ou à
la consommation de drogues et offrez-leur
du soutien. De nouveau, il importe de faire
appel à des démarches factuelles
(comme le programme Opening Doors élaboré
au pays); évitez de cataloguer ces
jeunes.
Soyez au fait des ressources communautaires
qui pourraient aider les élèves
qui montrent des signes de toxicomanie.
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